Deuxième dimanche de Pâques

Publié le par VexillumRegis

Dominica II Paschae
Deuxième dimanche de Pâques (A)


« Les cinquante jours à partir du dimanche de la Résurrection jusqu'au dimanche de Pentecôte sont célébrés dans la joie et l'exultation, comme un jour de fête unique, ou mieux “un grand dimanche”. C'est surtout en ces jours que l'on chante Alleluia. » (Normes universelles de l’Année liturgique, n°22). Dans la forme extraordinaire du rite romain, Pâques s’achève avec l’octave qui prolonge le dimanche de la Résurrection (“Pâques closes”), tandis que la forme ordinaire considère l’ensemble du Temps pascal comme “un grand dimanche”, “un jour de fête unique”. Ainsi, notre dimanche dit de Quasimodo (en raison du premier mot de l’introït) est appelé le “1er dimanche après Pâques” (Dominica I post Pascha) dans le Missel de 1962, tandis qu’il est le “2ème dimanche de Pâques” (Dominica II Paschae) dans le Missel rénové (1). Rien ne met mieux en lumière ce changement de perpective que le transfert de l’ancienne collecte de notre dimanche de Quasimodo au dernier jour du Temps pascal, le samedi précédant le dimanche de la Pentecôte (2). L’oraison d’ouverture (3) qui lui a été substituée s’adresse tout particulièrement aux néophytes qui, dans les temps anciens, participaient à toutes les liturgies de l’octave pascale revêtus de leur aube baptismale, qu’ils déposaient solennellement le samedi précédent (4). Il en est de même de l’oraison sur les offrandes (5) et de l’introït Quasi modo, dont le texte est justement lu à l’épître du samedi in albis deponendis dans le MR1962 (6).

(1) “Les dimanches de ce temps sont considérés comme des dimanches de Pâques et, après le dimanche de la Résurrection, on les désigne comme les IIe, IIIe, IVe, Ve, VIe, VIIe dimanches de Pâques ; le dimanche de Pentecôte clôt cette période sacrée de cinquante jours.” - Normes universelles de l’Année liturgique, n°23.

(2) Præsta, quǽsumus, omnípotens Deus, ut, qui paschália festa perégimus, hæc, te largiénte, móribus et vita teneámus. | [Traduction Dom LEFEBVRE] Faites, Dieu tout-puissant, qu’arrivés au terme de la célébration des fêtes de Pâques, nous puissions, par le don de votre grâce, les garder présentes en nous par toute la conduite de notre vie.

(3) Deus misericórdiæ sempitérnæ, qui in ipso paschális festi recúrsu fidem sacrátæ tibi plebis accéndis, auge grátiam quam dedísti, ut digna omnes intellegéntia comprehéndant, quo lavácro ablúti, quo spíritu regeneráti, quo sánguine sunt redémpti. | Dieu d’éternelle miséricorde, qui par le retour de ces fêtes pascales enflammes la foi de ton peuple consacré, augmente la grâce que tu lui as donnée afin que tous, par une intelligence juste, comprennent par quel baptême ils ont été purifiés, par quel Esprit ils ont été régénérés, par quel sang ils ont été rachetés.

Selon l’abbé Zuhlsdorf (
*), cette oraison est basée sur une prière du Missale Gothicum (n°309).

On remarquera que cette oraison s’adapte remarquablement avec l’épître de saint Jean lue dans le MR1962 (1 Jn V, 4-10). La prière a visiblement été rédigée en s’inspirant du texte biblique, et pour l’accompagner. On doit regretter que la péricope proposée dans le nouveau lectionnaire en l’année B (1 Jn V, 1-6) ait été coupée - sans doute en raison de l’obscurité du texte et peut-être aussi de la gêne occasionnée par la glose trinitaire introduite dans la version latine -, ce qui fausse le rapprochement entre la lecture et l’oraison.

(4) “En ce même samedi, à l’issue des vêpres et après une dernière station au baptistère, les néophytes se réunissaient dans une dépendance de la basilique du Latran pour déposer, au cours d’une cérémonie fort touchante, les aubes blanches dont ils s’étaient revêtus au sortir de la piscine sacrée. De là vient que les anciens sacramentaires intitulent le samedi de l’octave pascale Sabbatum in albis deponendis, le samedi de la déposition des aubes.” - Dom FLICOTEAUX, Le triomphe de Pâques, Cerf, 1952, pp. 107-108.

C’est par erreur que, plus tard, le dimanche a lui aussi était dit in albis.

(5) Súscipe, quǽsumus, Dómine, plebis tuæ (et tuórum renatórum) oblatiónes, ut, confessióne tui nóminis et baptísmate renováti, sempitérnam beatitúdinem consequántur. | Recevez, Seigneur, nous vous en prions, les offrandes de votre peuple (et de vos néophytes), afin que, régénéré(s) par la confession de votre nom et par le baptême, il(s) obtienne(nt) la béatitude éternelle.

Il s’agit de la secrète du jeudi dans l’octave de Pâques dans le Missale Romanum de 1962.

(6) [1 P II, 2 V/ Ps 80, 2] Quasi modo geniti infantes, alleluia : rationabile, sine dolo lac concupiscite, alleluia, alleluia, alleluia. V/ Exsultate Deo adiutori nostro : iubilate Deo Iacob. | Tels des enfants nouveau-nés, alléluia, soyez avides du pur lait spirituel, alléluia, alléluia, alléluia. V/ Poussez des cris de joie pour Dieu, notre soutien ; acclamez le Dieu de Jacob.


Le lectionnaire pascal - excluant, selon une tradition très ancienne, toute lecture vétérotestamentaire - nous donne à parcourir en leur presque intégralité deux grands livres du Nouveau Testament : les Actes des apôtres, qui expose le premier développement de l’Eglise sous le souffle de l’Esprit, et l’évangile selon saint Jean. Les dimanches, la deuxième lecture est prise, selon les années, à la première épître de saint Pierre, admirable catéchèse baptismale de l’Eglise primitive (année A), à la première épître de saint Jean, qui s’accorde et introduit l’évangile du même apôtre (année B), et à l’Apocalypse, qui nous associe à la joie de la Jérusalem céleste, dont la joie pascale est comme le gage et l’anticipation (année C).

En ce deuxième dimanche de Pâques, c’est le bel évangile de l’apparition à Thomas l’incrédule que la liturgie nous donne à méditer (L3 ; Jn XX, 19-31). Si Dieu a permis que Thomas doutât, c’est pour raffermir notre propre foi envers le mystère essentiel de la Résurrection glorieuse de Notre-Seigneur (7), car, nous dit saint Paul, si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine (1 Co XV, 17). Non seulement Thomas a vu le Seigneur, mais il a encore touché ses plaies glorieuses, ce qui a entraîné un acte de foi immédiat : “Mon Seigneur et mon Dieu !”. Dans l’obscurité, et malgré toutes les difficultés et les obstacles, nous aussi nous sommes appelés à toucher du doigt de notre foi les saintes blessures de Notre-Seigneur, et à confesser tout ensemble et sa résurrection, et sa divinité : “Tout cela doit donner à Dieu louange, gloire et honneur quand se révèlera Jésus Christ, lui que vous aimez sans l'avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore ; et vous tressaillez d'une joie inexprimable qui vous transfigure, car vous allez obtenir votre salut qui est l'aboutissement de votre foi” (L2 ; 1 P I, 3-9). C’est tout particulièrement dans le mystère eucharistique que nous pouvons pour ainsi dire toucher la substance du Ressuscité, sous le voile du sacrement (A3) (8).

(7) “L'Esprit de vérité n'aurait pas permis ces hésitations dans les cœurs de ses prédicateurs si cette défiance, ces retardements pleins de curiosité n'avaient affermi les fondements de notre foi. Ce sont nos troubles que le Sauveur guérissait dans la personne de ses apôtres : en eux ils nous prémunissait contre les calomnies des impies et contre les arguments de la sagesse terrestre. Ce qu'ils ont vu nous a éclairé ; ce qu'ils ont entendu nous a renseigné ; ce qu'ils ont touché nous a affermis. Ils ont douté pour que le doute ne nous fût plus possible”. - Saint Léon le Grand, Sermon I pour l'Ascension.

(8) [Jn XX, 27] Mitte manum tuam, et cognosce loca clavorum, alleluia : et noli esse incredulus, sed fidelis, alleluia, alleluia. | Avance ta main et reconnais la place des clous, alléluia ; et ne te montre plus incrédule, mais croyant, alléluia, alléluia.

Les autres antiennes sont elles aussi tirées des récits évangéliques des différentes apparitions du Ressucité :

Premier Alleluia

[Mt XXVIII, 7] Alleluia, alleluia. V/ In die resurrectionis meae, dicit Dominus, praecedam vos in Galilaeam. Alleluia. | Le jour de ma résurrection, je vous précèderai en Galilée. Alléluia.

Deuxième Alleluia

[Jn XX, 26] Alleluia, alleluia. V/ Post dies octo, ianuis clausis, stetit Iesus in medio discipulorumsuorum, et dixit : Pax vobis. Alleluia. | Huit jours après, toutes portes closes, Jésus se tint au milieu de ses disciples et dit : “La paix soit avec vous !”. Alléluia.

L’offertoire

[Mt XXVIII, 2, 5, 6] Angelus Domini descendit de caelo, et dixit mulieribus : Quem quaeritis, surrexit, sicut dixit, alleluia. | L’ange du Seigneur descendit du ciel et dit aux femmes : “Celui que vous cherchez est ressuscité”, comme il l’avait dit, alléluia.

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