Samedi 25 août 2007 6 25 /08 /Août /2007 12:53
Dominica XXI per annum (c)
21ème dimanche du Temps ordinaire



Issue de l’antique sacramentaire gélasien, l’oraison d’ouverture de ce dimanche est employée au 4ème dimanche après Pâques dans le missel de 1962. On l’emploie aussi les lundis qui suivent les 3ème et 5ème dimanches après Pâques.

« De l’avis unanime des commentateurs, nous avons avec cette collecte un joyau du genre, tant au niveau littéraire que doctrinal. Très construit, le texte latin aux nombreux parallélismes offre en outre un magnifique chatoiement de sonorités et d’assonances » (Dom P. HALA, Habeamus gratiam, p. 99)

En voici le texte latin, suivi de la traduction française proposée par le même auteur :

Deus, qui fidélium mentes uníus éfficis voluntátis,
da pópulis tuis
id amáre quod prǽcipis,
id desideráre quod promíttis,
ut, inter mundánas varietátes,
ibi nostra fixa sint corda,
ubi vera sunt gáudia.


O Dieu qui unis les esprits des croyants dans un même sentiment, accorde à ton peuple d’aimer ce que tu commandes et de désirer ce que tu promets, pour qu’au milieu des fluctuations de ce monde, nos coeurs restent fixés là où résident les vraies joies.



La L1 (Is LXVI, 18-21) est tirée de la fin du livre d’Isaïe. Le prophète y annonce le rassemblement eschatologique du peuple de Dieu dans la nouvelle Jérusalem, la Jérusalem céleste. Le salut universel est proclamé : Je viens rassembler les hommes de toute nation et de toute langue ; le peuple juif, le peuple de la promesse, ne forme que les prémices d’un salut qui transcende les frontières dérisoires d’une ethnie. Je mettrai un signe au milieu d’eux : qu’est-ce que ce signe, si ce n’est le Christ glorieux (le Seigneur de la gloire, 1 Co II, 8), trônant sur les nuées du ciel, et transfiguré par cette gloire dont il resplendissait sur le Thabor, et dont il resplendit à jamais depuis la Résurrection ? Et iterum venturus est cum gloria, iudicare vivos et mortuos, cuis regni non erit finis. Il viendra juger les vivants et les morts : ce passage d’Isaïe est encadré par le châtiment des Juifs qui n’offrent à Dieu qu’un culte purement extérieur et hypocrite (LXVI, 1-4) et par la condamnation des impies exclus de la cité céleste (LXVI, 24). Quant aux messagers chargés d’annoncer la gloire du Seigneur (LXVI, 19), ce sont, si l’on en croit la note de la Bible de Jérusalem, des païens convertis ; on y reconnaîtra la figure missionaire de l’Eglise, ainsi que l’atteste le répons du Ps (Allez par le monde entier proclamer la Bonne Nouvelle ; Mc XVI, 15).

Dans l’évangile (L3 ; Lc XIII, 22-30), le Seigneur reprend la même thématique du rassemblement eschatologique (1) : On viendra de l’Orient et de l’Occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le Royaume de Dieu (Lc XIII, 29 ; L3 et Alleluia). Beati qui ad cenam [nuptiarum] Agni vocati sunt ! Bienheureux ceux qui sont invités au festin des noces de l'Agneau ! (Ap XIX, 9) : la communion eucharistique est gage et anticipation du Royaume de Dieu et du festin des noces de l’Agneau qui nous y attend (CEC § 1402-1405) ; c’est un remède d’immortalité (S. Ignace d’Antioche ; P3) (2) dans lequel nous est offert la promesse de la résurrection et de la vie éternelle (A3b). En communiant à l’unique sacrifice de la croix, nous pouvons recevoir la grâce de l’unité et de la paix (P2) (3) ; rassemblés par l’Esprit-Saint qui unis les esprits des croyants dans un même sentiment (P1), nous sommes consommés en victime vivante dans le Christ, à la louange de la gloire du Père (deuxième épiclèse de la quatrième prière eucharistique).

(1) Mais cet oracle ne fait que conclure une parabole dans laquelle Jésus répond à cette question : n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? - Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite (...) il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers.

(2) La Postcommunion est employée dans le Missale Romanum de 1962 pour la messe votive en l’honneur de la consécration d’un évêque (
**).

(3) La Super Oblata est une composition nouvelle pour l’édition de 1969 du Missale Romanum, bien que le compositeur ait puisé semble-t-il une partie de son inspiration dans la Secrète de la Messe votive pro Ecclesia Unitate de l’édition de 1962 (
**) : Munera haec pro unione populi christiani tibi, Domine, oblata sanctifica : per quae unitatis et pacis in Ecclesia tua nobis dona concedas. - Texte latin de notre oraison : Qui una semel hóstia, Dómine, adoptiónis tibi pópulum acquisísti, unitátis et pacis in Ecclésia tua propítius nobis dona concédas.


La lettre aux Hébreux, dont nous poursuivons la lecture (L2 ; He XII, 5-13), exhorte les chrétiens persécutés en haine de la foi à supporter courageusement leur épreuve, sachant bien que Dieu la permet en vue d’un plus grand bien.

Quant aux textes grégoriens de ce dimanche (4), ils sont employés au 15ème dimanche après la Pentecôte dans le missel de 1962 (5). Ces chants tirés des psaumes expriment les grands sentiments religieux qui, après le psalmiste, agitent l’âme du peuple chrétien : la supplication vers Dieu pour obtenir la délivrance (Introït Inclina Domine ; début du Ps. 85) et l’action de grâces pour la miséricorde et la bonté du Seigneur (Graduel Bonum est confiteri ; début du Ps. 91 et l’offertoire Exspectans exspectavi ; début du Ps. 39). L’Alleluia fait suite à celui du dimanche précédant (6) et constitue une acclamation très digne pour saluer le saint évangile. La signification eucharistique de la Communion De fructu (Ps 103, 13-15) est évidente (cf. les prières d’offrande du pain et du vin).

(4) Tout le répertoire grégorien de l’année est disponible gratuitement ICI.

(5) Hormis le chant de communion De fructu utilisé au 12ème dimanche.

(6) Alleluia du dimanche dernier (Ps 94, 1) : Venite exsultemus Domino : jubilemus Deo salutari nostro / Venez, exultons pour le Seigneur, poussons des cris de joie pour Dieu notre Sauveur. Nous poursuivons aujourd’hui (Ps 94, 3) : Quoniam Deus magnus Dominus et Rex magnus super omnem terram / Car le Seigneur est un grand Dieu et un grand Roi au-dessus de toute la terre.

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Dimanche 19 août 2007 7 19 /08 /Août /2007 08:57
Hymne liturgique pour la Transfiguration
(Prudence, † v. 405)


Image
Icône orthodoxe grecque-byzantine traditionnelle


Quicumque Christum quaeritis,
Oculos in altum tollite :
Illic licebit visere
Signum perennis gloriae.

Vous tous qui cherchez le Christ,
Levez les yeux vers la montagne ;
C’est là que vous contemplerez
L’image de gloire éternelle.


Illustre quiddam cernimus,
Quod nesciat finem pati,
Sublime, celsum, interminum,
Antiquius caelo et chao.

Nous y voyons une lumière
Qui ne peut subir de déclin,
Lumière sublime, infinie,
Brillant avant ciel et chaos
.

Hic ille Rex est gentium,
Populique Rex iudaici,
Promissus Abrahae patri
Eiusque in aevum semini.

C’est bien lui le Roi des nations,
Et c’est le Roi du peuple juif,
Promis à notre Père Abraham
Et pour toujours à ses enfants
.

Hunc, et prophetis testibus
Iisdemque signatoribus,
Testator et Pater iubet
Audire nos et credere.

Les prophètes, présents à ses côtés,
Viennent lui porter témoignage ;
Le Père, témoin à son tour,
Nous dit d’écouter et de croire
.

Gloria tibi, Domine,
Qui apparuisti hodie,
Cum Patre, et Sancto Spiritu,
In sempiterna saecula. Amen.

Gloire à vous, Seigneur,
Qui vous êtes manifesté en ce jour,
Comme au Père et à l’Esprit-Saint,
Pour les siècles éternels. Amen
.
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Dimanche 19 août 2007 7 19 /08 /Août /2007 08:51
Hymne pour l'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie
(Saint Odilon, abbé de Cluny, 962-1048/49)


Image
La Dormition et l'Assomption de la Vierge - Anonyme -
3ème quart du 15ème siècle - Italie, Ombrie



Adest dies laetitiae,
Iucundus omni lumine,
In quo regina virginum
Scandit iter astriferum,

Voici le jour de joie,
Inondé de joyeuse lumière,
Où la Reine des vierges
Gravit le chemin étoilé,


Angelorum praefulgidis
Circumvallata cuneis,
Quamque sanctarum virginum ;
Sequitur agmen inclitum.

Entourée des cohortes
Eblouissante des anges,
Et de celles des vierges saintes ;
Les légions illustres l’escortent.


Ut decet omnes credere,
Caelesti diademate
Clarus occurit obvius
Christus ex ea genitus.

Comme il nous faut tous croire,
Le Christ né d’elle
Accourt à sa rencontre, éclatant
Sous son diadème céleste.


(...)

Caelestis regni civitas
Et eius omnis dignitas
Parentem sui principis
Votis honorat congruis.

La cité du royaume céleste
Dans toute sa magnificence
Honore de prières appropriées
La mère de son Prince.


Cum quibus nos laetissima
Huius diei gaudia
Concelebremus alacres
Deum laudando supplices.

Célébrons avec eux dans la joie
Le grand bonheur
De ce jour
En louant Dieu et en l’implorant.


Huius festi clarissima
Prosequamur praeconia
Mentis affectu supplices,
Effectu vocis alacres.

Honorons cette fête
De louanges ferventes
En implorant du fond de notre coeur
Et chantant de toute la force de notre voix
.
Par VexillumRegis - Publié dans : Hymnes et poésies pour les fêtes de l'année
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Samedi 18 août 2007 6 18 /08 /Août /2007 12:14
Dominica XX per annum (c)
20ème dimanche du Temps ordinaire


La collecte (1), employée au Vème dimanche après la Pentecôte dans le missel de 1962, est tissée de réminiscences pauliniennes (cf. 1 Co II, 9 et Ph IV, 7). “Les trois vertus théologales trouvent leur expression dans cette belle prière. Nous croyons aux promesses de Dieu (2) ; nous avons la ferme espérance de leur accomplissement, et c’est à la charité que sont promis les biens invisibles qui forment l’objet de notre foi (3)”. L’amour de Dieu “en toute chose et par-dessus tout” ne pouvant être qu’un don de Dieu lui-même, nous le prions d’infuser en nos coeurs la ferveur de son amour (infunde cordibus nostris tui amoris affectum). Mais qu’est-ce que cet amour, si ce n’est l’Esprit-Saint qui est en Lui-même comme la réalisation personnelle en Dieu Trinité de l’Amour qui unit le Père au Fils et le Fils au Père ?

(1) Traduction donnée par Dom Patrick HALA : Pour ceux qui t’aiment, ô Dieu, tu as préparé des biens que l’oeil ne peut voir : répands en nos coeurs la ferveur de ton amour, afin que, t’aimant en toute chose et par-dessus tout, nous obtenions la réalisation de tes promesses qui surpassent tout désir.

(2) Cf. le commentaire de la Messe du dimanche précédent.

(3) Dom COZIEN, cité par Dom Patrick HALA, Habeamus gratiam, p. 98.


Cet amour de Dieu s’est incarné en Jésus-Christ, sur lequel repose en plénitude l’Esprit Saint, et qui est en quelque sorte comme le baiser du Verbe à la chair (4). Il nous faut donc péleriner sur cette terre “les yeux fixés sur Jésus” (L2 ; He XII, 2) pour être assurés de vivre dans l’amour de Dieu. C’est en nous conformant sur cette terre à son image que nous pourrons mériter de lui être associés dans le ciel (P3) (5). Or, c’est dans le banquet eucharistique que le “pain vivant venu du ciel” (A3b), le Seigneur Jésus, s’offre à nous, réellement et substantiellement, dans sa Sainte Humanité et dans sa Divinité Toute-Puissante. Dans cet admirable échange (admirabile commercium) qu’est le Mystère eucharistique, nous offrons les dons que Dieu nous a donnés, et nous recevons le don de Dieu lui-même (P2) (6). C’est donc par ce Sacrement de l’Amour (Sacramentum Caritatis) que nous recevons ordinairement l’amour de Dieu “christoconformant”, qui nous permet à notre tour de l’aimer “en toute chose et par-dessus tout” en son Fils.

(4) Saint BERNARD, Deuxième sermon sur le Cantique des Cantiques, 3 : Mais écoutez, le Verbe qui s'incarne est la bouche qui baise. La chair qu'il prend est la bouche qui reçoit ce baiser. Le baiser qui se forme sur les lèvres de celui qui le donne et de celui qui le reçoit, est la personne composée de l'un et de l'autre, Jésus-Christ, l'homme médiateur entre Dieu et les hommes.

(5) La Postcommunion ne se trouve dans aucune édition du Missale Romanum, mais provient du Missale Parisiense de 1738 (source). On remarquera la qualité rythmique du texte latin de cette oraison, grâce à l’usage de l’allitération et à l’élégant parallélisme entre eius (...) conformes in terris et eius consortes in caelis.

(6) La Super Oblata n’est pas tirée du missel de 1962, mais de l’antique sacramentaire de Vérone (source). Elle est utilisée aussi au 5ème jour dans l’octave de la nativité (29 décembre).


Cet amour de Dieu, l’onction de l’Esprit Saint, n’est-ce pas ce feu que Notre-Seigneur Jésus-Christ est venu apporter dans le monde ? (L3 ; Lc XII, 49-53). « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division ». L’Amour et la Vérité ne sont pas à la source la division, mais ils la mettent en lumière ; ils sont un signe de contradiction parmi les hommes en mettant à nu la nature blessée de l’homme pécheur. Et comme cette lumière est insupportable, on veut la mettre sous le boisseau (Mt V, 15) : « la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue » (Jn I, 5). Pour cette raison, les témoins de la lumière, tout particulièrement les prophètes, ont été persécutés (Mt V, 12). La première lecture nous offre l’exemple des persécutions subies par Jérémie (L1 ; Jr XXXVIII, 4-10). « Tu m’as enfanté homme de querelle et de discorde pour tout le pays » (Jr XV, 10). Jérémie est condamné par un conciliabule d’hommes de pouvoir « pour le bien du peuple » : n’est-ce pas la figure du Sanhédrin condamnant Jésus à la mort (Jn XI, 47-53) ? - Et Jérémie plongé dans la citerne puis retiré « de l’horreur du gouffre » (Ps), n’est-ce pas la figure de la descente de Jésus dans les enfers et de sa Résurrection le troisième jour ? (7). L’interprétation pascale de la L1 est confirmée par le texte de l’Alleluia (Jn X, 14-15). Le Ps, parfaitement accordé avec la L1, met particulièrement l’accent sur la confiance du prophète (de même le répons graduel Bonum est confidere tiré du psaume 117). Le premier verset (8) du chant d’offrande (A2) tiré du psaume 33 reste dans le même registre, et la délivrance par le ministère angélique rappelle l’expérience similaire de Pierre (Ac XII, 7-11).

(7) Dei Verbum, § 15 : L'économie de l'Ancien Testament était organisée par-dessus tout pour préparer la venue du Christ Rédempteur de tous et du Règne messianique, pour l'annoncer prophétiquement et la présager par diverses figures.

(8) Immittet Angelus Domini in circuitu timentium eum, et eripiet eos / L’Ange du Seigneur dressera sa tente auprès de ceux qui le craignent et il les délivrera.


Les chants grégoriens de cette Messe étaient employés dans le missel de 1962 au XIVème dimanche après la Pentecôte, ce qui explique sans doute que le chant de communion proposé dans le Missel grégorien de Solesmes, extrait de l’évangile de ce dimanche, n’ait aucun rapport ou presque avec les textes proposés dans le missel de 2002.
Par VexillumRegis - Publié dans : Dimanches du Temps ordinaire (année C)
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Samedi 18 août 2007 6 18 /08 /Août /2007 12:11
Dominica XIX per annum (c)
19ème dimanche du Temps ordinaire


Le fil conducteur de la Messe de ce dimanche est l’attente eschatologique vigilante à laquelle est appelé le Peuple de Dieu, dans l’espérance et la foi en la réalisation des promesses de Dieu à son égard.

Soyez vigilants et demeurez prêts : vous ne connaissez pas l’heure où le Fils de l’homme viendra” (Alleluia non grégorien ; Mt XXIV, 42.44). C’est dans “la nuit de la délivrance pascale”, rappelle la L1 (Sg XVIII, 6-9) que le Seigneur était passé, fidèle à ses promesses, lors de la première Pâque, pour libérer son peuple, préfigurant la Pâque nouvelle et éternelle dans la mort et la Résurrection du Seigneur Jésus-Christ. Par son Mystère pascal, le Seigneur a inauguré le Royaume, dont nous vivons aujourd’hui en attendant sa pleine réalisation, lorsque le Christ reviendra en gloire sur les nuées du ciel. Sans doute, beaucoup de saints sont “morts sans avoir connu la réalisation des promesses ; mais ils l’avaient vue et saluée de loin, affirmant que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs”, des pélerins en route vers la pleine réalisation des promesses divines lors de la Parousie. Le justes vivent en effet de la foi (Ha II, 4), “qui est le moyen de posséder déjà ce qu’on espère, et de connaître des réalités qu’on ne voit pas” (L2 ; He XI, 1-19). Dans l’évangile (Lc XII, 32-48), le Seigneur nous recommande donc d’être vigilants et actifs dans l’attente de son retour : “Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. (...) Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.” “Amen. Veni, Domine Iesu !” (Ap XXII, 20).

La collecte (1), absente du missel de 1962, est tirée des sacramentaires de tradition milanaise. Nous y demandons “la grâce nécessaire pour entrer toujours plus dans ce grand mystère qu’est la paternité divine et y répondre par un abandon filial, dans un abandon confiant en même temps que coopérant” (ibid.), “afin d’êtres capables d’entrer un jour dans l’héritage qui nous est promis” (ut promissam hereditatem ingredi mereamur). L’incise docente Spiritu Sancto, présente dans l’oraison originale, avait été supprimée lors de son introduction dans le missel romain ; elle a été rétablie dans l’editio typica tertia (2).


(1) Traduction précise : Dieu éternel et tout-puissant, toi que nous pouvons déjà appeler du (beau) nom de Père, grâce à l’enseignement de l’Esprit Saint, fais grandir en nos coeurs l’esprit d’adoption filiale, afin que nous soyons capables d’entrer un jour dans l’héritage qui nous est promis.

(2) “Les réviseurs ont supprimé l’incise docente Spiritu Sancto et, par là même, le rôle d’enseignement de l’Esprit Saint. Selon la juste remarque de Gerard Moore, dans aucune collecte ou prière d’offertoire du Temps ordinaire, on ne parle directement du rôle de l’Esprit dans la vie de la communauté chrétienne. N’est-ce pas réduire assez indûment son importance ?” - Patrick Hala o.s.b., Habeamus gratiam, Editions de Solesmes, 2002, pp. 92-94. Les informations sur les collectes sont tirées de cet ouvrage.


L’introït et le graduel grégoriens, employés au treizième dimanche après la Pentecôte dans le missel de 1962, ont cette particularité assez rare d’avoir à peu près exactement le même texte, tiré du psaume 73 : Réspice, Dómine, in testaméntum tuum, et ánimas páuperum tuórum ne derelínquas in finem (...) ; Souvenez-vous, Seigneur, de votre alliance, et n‘abandonnez pas pour toujours les âmes de vos pauvres [serviteurs] (...). On remarquera la répétition des pronoms et adjectifs possessifs à la deuxième personne, comme si le peuple élu de l’alliance, objet des promesses divines, voulait insister sur sa totale appartenance à Dieu (3). “Si vous appartenez au Christ, vous êtes donc la descendance d’Abraham, héritiers par la promesse”, car “c’est par la foi en Jésus-Christ que la promesse fût accordée à ceux qui croient” (Ga III, 22, 29) (épître du treizième dimanche après la Pentecôte dans le missel de 1962).


(3) Cf. Yves Gire, L’année grégorienne, DMM, 2000, p. 184.

L’oraison de Postcommunion Sacramentorum tuorum (4) était employée dans le Missel de 1962 en la fête des saints Hippolyte et Cassien, martyrs (13 août).


(4) Traduction précise : Que la participation à tes sacrements, Seigneur, nous sauve et nous affermisse dans la possession de la lumière de ta vérité.
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Samedi 18 août 2007 6 18 /08 /Août /2007 12:05
Dominica XVIII per annum (c)
18ème dimanche du Temps ordinaire


Les trois lectures de ce dimanche s’accordent merveilleusement entre elles. Le sujet : la vanité des richesses de ce monde et la nécessité d’user actuellement des biens passagers de manière à pouvoir dès ici-bas rester attachés à ceux qui demeurent (Collecte du dimanche précédent). Vanitas vanitatum, et omnia vanitas ! s’exclame l’Ecclesiaste, Vanité des vanités, et tout est vanité ! (L1 ; Qo 1,2 ; 2, 21-23), et tout particulièrement cette soif des richesses de ce monde qui nous fait oublier notre prochain et jusqu’à Dieu Lui-même. Or, le Seigneur nous avertit dans l’évangile (Lc 12, 13-21) : « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses », et de nous proposer une parabole où un homme croit pouvoir jouir en toute tranquilité des grands biens qu’il a amassés par son labeur, mais dont la mort lui ôte à tout jamais cette possibilité : « Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu ». Les biens de ce monde passent, mais les biens célestes demeurent pour les siècles des siècles. « Recherchez donc les réalités d'en haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu. Tendez vers les réalités d'en haut, et non pas vers celles de la terre. En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu. » (L2 ; Co 3, 1-5. 9-11).

On remarquera dans la L2 la suppression des versets 6 à 8, faisant explicitement référence à la colère de Dieu châtiant les impies, paroles qui ne semblent guère plaire à une certaine théologie moderne. Cette suppression volontaire dans le nouveau lectionnaire (1) de certains versets gênants ne porte-t-elle pas atteinte à l’intégrité des Saintes Ecritures ?

(1) « De nombreux livres bibliques sont ainsi parcourus et assez largement reproduits, mais avec des textes qui ne sont jamais lus et des versets supprimés. » - M. Gitton, Initiation à la liturgie romaine, p. 75.

La Super oblata, très belle et plusieurs fois employée à ce qu’il me semble, est utilisée dans le Missel de 1962 au lundi de Pentecôte. Elle met bien en lumière ce que doit être l’Offertoire pour les fidèles : une offrande d’eux-mêmes dans le Christ (2).


(2) "L’offrande est le symbole de la personne qui offre. (...) à l’Offertoire, nous apprenons à faire le sacrifice le plus beau, le plus dur, mais aussi le plus agréable à Dieu, notre véritable offrande, nous-mêmes." - Pius Parsch, La Sainte Messe dans son histoire et sa liturgie.

"Il s’agit alors de prendre conscience que nous sommes, ou devrions effectivement être, ce qui est offert et qui deviendra la matière du “sacrifice du Verbe” ; il s’agit de nous unir au sacrifice que Jésus-Christ offre au Père." - Cardinal Ratzinger, L’Esprit de la liturgie, As Solem, Genève, 2001, pp. 165-166.


La réception de la communion est parfaitement mise en valeur par le lien étroit qui unit l’antienne de communion Panem de caelo avec la Postcommunion (3) (Quos caelesti récreas munere).


(3) Dans le Missel de 1962, on trouve cette oraison dans la section des Orationes diversae, Messe n°6 Pro Praelatis et Congregationibus eis commissis.
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Samedi 18 août 2007 6 18 /08 /Août /2007 11:59
Dominica XVII per annum (c)
17ème dimanche du Temps ordinaire


La L1 (Gn XVIII, 20-32 ; intercession d‘Abraham) et l’évangile (Lc XI, 1-13) mettent en lumière la nécessité de la persévérance dans la prière. En raison du principe de la lecture continue, la L2 (Col II, 12-14) n'a aucun rapport avec ce sujet. Dans le Missel de 1962, la péricope évangélique, plus courte (Lc XI, 5-13), est accompagnée d’un passage de l’épître de saint Jacques (V, 16-20) sur la prière (Messe des Rogations).

Les textes grégoriens du Graduale Romanum de ce dimanche étaient utilisés au XIème dimanche après la Pentecôte dans le Missel de 1962. Or, on note que ces textes grégoriens ont un rapport étroit avec les lectures de l’ancien Missel :

- Le texte du graduel (Ps XXVII, 7, 1 ; refloruit caro mea) s’accorde merveilleusement avec la lecture de saint Paul qui le précède (1 Co XV, 1-10 ; sur la Résurrection) et la péricope évangélique (Mc VII, 31-37 ; l’homme sourd et muet) qui le suit.

- De même le texte de l’offertoire (Ps XXIX, 2, 3 ; Domine clamavi ad te, et sanasti me).

Ce n’est plus du tout le cas avec les nouvelles lectures. Il y a donc clairement un manque de cohérence qu'on ne peut que regretter.
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Abréviations



Table des abréviations

P1 = Collecte
P2 = Secrète ou Super Oblata
P3 = Postcommunion ou Ad complendum

L1 = première lecture
L1 = deuxième lecture
L3 = évangile

A1 = Introït
A2 = Chant d'offrande du Graduale Romanum
A3 = Chant de communion. Au Temps ordinaire, il y a deux antiennes au choix : A3a et A3b.
Ps = Psaume responsorial

greg. = chant grégorien proposé par le Graduale Romanum

MR1962 : Missel romain de 1962 (forma extraordinaria)
MR2002 : Missel romain de 2002 (forma ordinaria)

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