21ème dimanche du Temps ordinaire
Issue de l’antique sacramentaire gélasien, l’oraison d’ouverture de ce dimanche est employée au 4ème dimanche après Pâques dans le missel de 1962. On l’emploie aussi les lundis qui
suivent les 3ème et 5ème dimanches après Pâques.
« De l’avis unanime des commentateurs, nous avons avec cette collecte un joyau du genre, tant au niveau littéraire que doctrinal. Très construit, le texte
latin aux nombreux parallélismes offre en outre un magnifique chatoiement de sonorités et d’assonances » (Dom P. HALA, Habeamus gratiam, p. 99)
En voici le texte latin, suivi de la traduction française proposée par le même auteur :
da pópulis tuis
id amáre quod prǽcipis,
id desideráre quod promíttis,
ut, inter mundánas varietátes,
ibi nostra fixa sint corda,
ubi vera sunt gáudia.
La L1 (Is LXVI, 18-21) est tirée de la fin du livre d’Isaïe. Le
prophète y annonce le rassemblement eschatologique du peuple de Dieu dans la nouvelle Jérusalem, la Jérusalem céleste. Le salut universel est proclamé : Je viens
rassembler les hommes de toute nation et de toute langue ; le peuple juif, le peuple de la promesse, ne forme que les prémices d’un salut qui transcende les frontières dérisoires d’une
ethnie. Je mettrai un signe au milieu d’eux : qu’est-ce que ce signe, si ce n’est le Christ glorieux (le Seigneur de la
gloire, 1 Co II, 8), trônant sur les nuées du ciel, et transfiguré par cette gloire dont il resplendissait sur le Thabor, et dont il resplendit à
jamais depuis la Résurrection ? Et iterum venturus est cum gloria, iudicare vivos et mortuos, cuis regni non erit finis. Il viendra juger les vivants et les morts : ce passage d’Isaïe est encadré par le châtiment des Juifs qui n’offrent à Dieu qu’un culte purement extérieur et hypocrite
(LXVI, 1-4) et par la condamnation des impies exclus de la cité céleste (LXVI, 24). Quant aux messagers chargés
d’annoncer la gloire du Seigneur (LXVI, 19), ce sont, si l’on en croit la note de la Bible de Jérusalem, des païens convertis ; on y reconnaîtra la figure
missionaire de l’Eglise, ainsi que l’atteste le répons du Ps (Allez par le monde entier
proclamer la Bonne Nouvelle ; Mc XVI, 15).
Dans l’évangile (L3 ; Lc XIII, 22-30), le Seigneur reprend la même thématique du
rassemblement eschatologique (1) : On viendra de l’Orient et de l’Occident, du nord et du midi, prendre
place au festin dans le Royaume de Dieu (Lc XIII, 29 ; L3 et Alleluia). Beati qui ad cenam [nuptiarum] Agni vocati sunt ! Bienheureux ceux qui sont invités au festin des noces de l'Agneau ! (Ap XIX, 9) : la communion eucharistique est gage et
anticipation du Royaume de Dieu et du festin des noces de l’Agneau qui nous y attend (CEC § 1402-1405) ; c’est un remède d’immortalité (S. Ignace
d’Antioche ; P3) (2) dans lequel nous est offert la promesse de
la résurrection et de la vie éternelle (A3b). En communiant à l’unique sacrifice de la
croix, nous pouvons recevoir la grâce de l’unité et de la paix (P2) (3) ; rassemblés par l’Esprit-Saint qui unis les esprits des croyants dans un même sentiment (P1), nous sommes consommés en victime vivante dans le Christ, à la louange de la gloire du Père (deuxième épiclèse de la quatrième
prière eucharistique).
(1) Mais cet oracle ne fait que conclure une parabole dans laquelle Jésus répond à cette question : n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? - Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite (...) il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers.
(2) La Postcommunion est employée dans le Missale Romanum de 1962 pour la messe votive en l’honneur de la consécration d’un évêque (**).
(3) La Super Oblata est une composition nouvelle pour l’édition de 1969 du Missale Romanum, bien que le compositeur
ait puisé semble-t-il une partie de son inspiration dans la Secrète de la Messe votive pro Ecclesia Unitate de l’édition de 1962 (**) : Munera haec pro unione populi christiani tibi, Domine, oblata sanctifica : per quae unitatis et pacis in Ecclesia tua nobis dona
concedas. - Texte latin de notre oraison : Qui una semel hóstia, Dómine, adoptiónis tibi pópulum acquisísti, unitátis et pacis in Ecclésia tua propítius nobis dona concédas.
La lettre aux Hébreux, dont nous poursuivons la lecture (L2 ; He XII,
5-13), exhorte les chrétiens persécutés en haine de la foi à supporter courageusement leur épreuve, sachant bien que Dieu la permet en vue d’un plus grand bien.
Quant aux textes grégoriens de ce dimanche (4), ils sont employés au 15ème dimanche après la Pentecôte dans le missel de 1962 (5). Ces chants tirés des psaumes expriment les grands sentiments religieux qui, après le psalmiste, agitent l’âme du peuple chrétien : la
supplication vers Dieu pour obtenir la délivrance (Introït Inclina Domine ; début du Ps. 85) et l’action de grâces
pour la miséricorde et la bonté du Seigneur (Graduel Bonum est confiteri ; début du Ps. 91 et l’offertoire
Exspectans exspectavi ; début du Ps. 39). L’Alleluia fait suite à celui du dimanche précédant (6) et constitue une acclamation très digne pour
saluer le saint évangile. La signification eucharistique de la Communion De fructu (Ps 103, 13-15) est évidente (cf.
les prières d’offrande du pain et du vin).
(4) Tout le répertoire grégorien de l’année est disponible gratuitement ICI.
(5) Hormis le chant de communion De fructu utilisé au 12ème dimanche.
(6) Alleluia du dimanche dernier (Ps 94, 1) : Venite exsultemus Domino : jubilemus Deo salutari nostro / Venez, exultons
pour le Seigneur, poussons des cris de joie pour Dieu notre Sauveur. Nous poursuivons aujourd’hui (Ps 94, 3) : Quoniam Deus magnus Dominus et Rex magnus super omnem terram / Car le Seigneur est un grand Dieu et un grand Roi au-dessus de toute la terre.
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